Accueil Actualités Nous en sommes qu’au début de la prise de conscience collective mais nous avons posé les bases pour vaincre l'illettrisme.

Nous en sommes qu’au début de la prise de conscience collective mais nous avons posé les bases pour vaincre l'illettrisme.

Écrit le 21/11/2019

Échange avec Éric Lejeune, responsable de la formation au sein de l’entreprise de sécurité GUARD-NC / CTS

 

Éric, quel est votre parcours professionnel ?

J’ai été formateur militaire pendant 25 ans. J’ai notamment formé au maniement de l’armement, la défense, j’ai également formé les tout premiers maitres-chiens et chiens détecteurs d’explosifs et de décombres. Ma dernière mission s’est trouvée en Nouvelle-Calédonie et je ne suis jamais reparti. J’ai ensuite eu cette opportunité de directeur d’exploitation de la société Guard-NC puis de reprendre la partie formation, ce que je fais aujourd’hui.

 

Vous qui formez des publics très variés, êtes-vous parfois confronté à des personnes en situation d’illettrisme ?

Je pense qu’il y a un grand besoin d’accompagnement dans la sécurité et le gardiennage. Je m’en suis réellement rendu compte lorsque que j’ai fait passer les renouvellements des cartes professionnelles. En effet, au bout de 5 ans les agents de sécurité doivent passer une mise à jour des compétences (MAC) de 4 jours pour renouveler leur carte professionnelle. Je m’aperçois que beaucoup d’entre eux ont de grandes difficultés pour la lecture et l’écriture. J’essaie dans ces cas d’adapter un peu la formation mais en 4 jours c’est compliqué. 

Je le constate aussi lors des entretiens d’embauche chez les plus jeunes qui sont en échec scolaire. Nous faisons des tests simples, un calcul par exemple et un petit texte à écrire après avoir visionné une photo et parfois nous avons des pages blanches. Dans ce cas nous dirigeons par exemple vers la DFPC (Direction de la Formation Professionnelle Continue) qui propose depuis l’année dernière 5 demi-journées de remise à niveau, c’est très court mais mieux que rien. À l’issue de ces quelques heures nous pouvons proposer une formation de 5 semaines pour les plus motivés et les accompagner. Ils passent, à la fin de cette formation, un diplôme d’agent de sécurité et sont aptes à demander leur carte professionnelle.

 

Avez vous des outils spécifiques pour accompagner ces publics ?

J’ai suivi la formation de formateurs spécifique sur l’illettrisme proposée par le FIAF et IMPROVE en août dernier et cela m’a donné des outils supplémentaires. Tout est une histoire de confiance. Avec la personne qui peut souffrir de la situation tout d’abord, mais aussi avec les patrons qui doivent laisser ces personnes aller en formation. C’est toujours gagnant gagnant, une personne plus à l’aise au quotidien sera mieux dans son travail et donc plus performante.  

Par exemple, nous avons réalisé des tests avec des jeunes qui avaient totalement perdu confiance dans leur capacité à bien faire, ils ne s’exprimaient pas par peur de l’échec. En leur montrant qu’il n’y a pas qu’une seule manière de chercher des solutions face à un problème et avec un peu de temps, ils se rendent compte qu’ils sont capables et reprennent tout doucement confiance en eux. Il faut accompagner, c’est vraiment du cas par cas.

 

C’est donc une histoire de patience ?

De patience et de passion surtout. C’est pour moi une très grande fierté de donner quelque chose à quelqu’un qui n’en a pas les moyens, de voir la personne reprendre confiance et s’épanouir. Après, évidemment, c’est beaucoup de travail et un gros effort, mais cela en vaut vraiment la peine. 

 

Comment voyez-vous l’avenir ?

Tout se met en place, nous en sommes qu’au début de la prise de conscience collective mais nous avons posé les bases. Maintenant il faut que l’on sensibilise plus largement, que la problématique de l’illettrisme soit portée sur le devant de la scène, communiquer. Le FIAF a pris le problème à bras le corps, il faut poursuivre les efforts.

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