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Documenter, fédérer et outiller, décryptage des grandes phases de la mission de lutte contre l'illettrisme en entreprise

Écrit le 23/04/2019

Entretien avec Myriam Sanchez, représentante d’Improve qui accompagne le FIAF dans sa mission de lutte contre l’illettrisme en entreprise - Avril 2019

 

Quelles sont les étapes clés de cette mission menée pour le FIAF ?

Le cahier des charges du FIAF a été très clair, il y a trois phases à respecter pour le bon déroulement du projet, à savoir : documenter, fédérer les acteurs et outiller les entreprises.

Le principe n’est pas de partir sur une énième étude de lutte contre l’illettrisme, il y a déjà eu des choses de produites sur le territoire notamment par l’ANLCI, nous sommes convaincus que la réussite passera tout d’abord par le fait de bien fédérer les acteurs (syndicats, élus, entreprises…). Il faut donc mobiliser tout le monde autour de cette problématique. Nous avons en Nouvelle-Calédonie 1 salarié sur 5 qui est en situation d’illettrisme, à savoir des personnes qui ont été scolarisées mais qui rencontrent des difficultés dans les savoirs de base sur la lecture, l’écriture ou le calcul (selon la définition franco française), il est donc temps d’agir tous ensemble.

Ce que nous allons nous attacher à faire est de prendre en compte les spécificités calédoniennes et ne pas reproduire à l’identique les modèles métropolitains. Par exemple, selon l’ANLCI (Agence Nationale de lutte contre l’illettrisme), la Nouvelle-Calédonie rentre dans les spécificités des DOM-TOM, mais mis à part le fait d’être insulaire, je pense que nous avons peu de points communs avec la Martinique ou Saint-Pierre-et-Miquelon par exemple.

Nous allons donc faire émerger nos propres besoins et adapter au mieux notre plan d’action, d’où l’importance de cette phase de documentation. Voir ce qui a déjà été fait en Nouvelle-Calédonie et s’inspirer des bonnes initiatives repérées ailleurs. Par exemple il y a des belles initiatives au Québec, à Mayotte ou en Suisse. Nous interrogeons en parallèle les entreprises calédoniennes dans des secteurs d’activités qui apparaissent prioritaires en termes de niveau de qualification et de nombre d’entreprises. Ces entretiens sont menés partout sur le territoire par une équipe mixte représentative du pays.

 

Comment fédérer les acteurs ?

Nous engageons une phase de co-construction avec les différentes organisations syndicales patronales et salariales, les organisations des ressources humaines, les organismes de formation… L’objectif est de fédérer d’abord les parties prenantes qui sont au contact direct des bénéficiaires, les aider à bien repérer les personnes en situation d’illettrisme, sans stigmatiser et les aider à mettre en place les bons outils. Nous sommes sur un sujet encore tabou, il faut donc accompagner de manière bienveillante.

 

L’illettrisme, un enjeu de société ?

Oui, tout d’abord au sein de l’entreprise, une personne qui sort de l’illettrisme peut se mettre et mettre ses collaborateurs en sécurité, ensuite elle peut plus facilement progresser, monter en compétences, évoluer. Par exemple, un très bon technicien qui ne peut pas devenir chef d’équipe car il ne maitrise pas bien la communication et ne peut pas écrire de rapport, ses employeurs ne peuvent pas le faire progresser, il est bloqué dans son évolution. Mais cela va au delà de l’entreprise, les bienfaits secondaires à la maison seront réels, aider ses enfants dans leurs devoirs, s’ouvrir sur le monde…

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