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Entretien avec Valérie Zaoui et Max Ciabatti / Présidente et Vice-président du FIAF

Écrit le 08/04/2019

Pouvez-vous nous présenter le FIAF ?

Le FIAF est le Fonds Interprofessionnel d’Assurance Formation, il a été créé en 2015 et est le fruit du travail des syndicats salariés et patronaux. C’est un accord interprofessionnel qui a pour objectif la montée en compétence des salariés des entreprises calédoniennes. Nous percevons ainsi 0,2 % de la masse salariale des entreprises du territoire et ceci nous permet d’avoir des budgets pour former les salariés. Nous avons ainsi potentiellement la possibilité d’accompagner l'ensemble des salariés du territoire.

Depuis la loi de pays de 2017, le FIAF a également largement mis l’accent sur les entreprises de moins de 10 salariés qui contribuent comme toutes les entreprises concernées et peuvent donc bénéficier de la formation professionnelle continue et former plus facilement leurs salariés. 

 

Pourquoi le FIAF s’engage contre l’illettrisme ?

Pour commencer, nous avons fait le constat suivant : 1 salarié sur 5 en Nouvelle-Calédonie est en situation d’illettrisme et 38% rencontrent des difficultés dans le calcul de base. Le FIAF a donc décidé de prendre le problème à bras le corps et nous en avons fait l’une de nos missions prioritaires pour l’année 2019. 

Pendant les 6 prochains mois, nous allons tout d'abord faire le constat de l'illettrisme dans nos entreprises calédoniennes et en parallèle nous souhaitons fédérer tous les acteurs (entreprises, salariés et institutions) autour de ce projet car nous ne pourrons pas y arriver seul. Ensuite, nous outillerons les entreprises. Enfin, nous passerons à la restitution de cette première phase.

 

Avez-vous une définition de l'illettrisme ?

Ce sont des personnes qui ont bien été scolarisées mais qui éprouvent des difficultés sur des savoirs de base comme la lecture, l’écriture ou le calcul et par extension l’accès aux nouvelles technologies. Dans le cadre de l’entreprise, ces collaborateurs se ralentissent dans leur progression. De plus, les métiers d’aujourd'hui sont en perpétuelle mutation, la personne en situation d’illettrisme est moins mobile pour passer d’un poste à un autre. Cette situation pénalise le collaborateur et l’entreprise en recherche de compétitivité. Se posent également des problèmes de sécurité pour soi et les autres liés à une mauvaise compréhension des consignes.

 

Avez-vous identifié des cibles prioritaires ?

Nous avons, dans un premier temps, identifié 6 secteurs d’activités qui nous semblent plus demandeurs à savoir les métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de la sécurité, le BTP, les branches commerciales, enfin l’industrie et les mines. Les critères retenus sont : le volume d’employés dans chacune de ces branches afin de toucher le plus grand nombre de personnes demandeuses et les compétences de base nécessaires. Cela reste un très grand tabou et on ne veut stigmatiser personne, l'illettrisme peut évidemment toucher toutes les catégories sociaux-professionnelles y compris des chefs d’entreprises. 

Notre volonté est d'apporter une amélioration de la situation en Nouvelle-Calédonie à  l'issue de cette mission. Si nous y parvenons, ce sera un pas en avant, mais nous restons prudents car c’est une mission vaste et complexe. Cela pourra ensuite s’inscrire sur le long terme et se répercuter dans la société civile.

 

Un mot pour conclure 

Il y a un très grand tabou qui entoure cette problématique de l’illettrisme et nous souhaitons vraiment que tout le monde comprenne que c’est une difficulté à un instant donné mais rien n’est figé. Il faut briser ce tabou, dire les choses, oser le signaler pour qu’on améliore la situation. C’est notre devoir collectif de faire changer les choses, nous ne pouvons pas être simple spectateur, il faut que l’on agisse tous ensemble.

 

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